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Après avoir tenu des obsèques privées samedi, la famille de la comédienne Béatrice Picard a ouvert les portes du salon funéraire à ses anciens collègues et à ses admirateurs, dimanche, à Longueuil.
Béatrice Picard est décédée paisiblement dans son sommeil le 9 décembre dernier, à l'âge de 96 ans.
Son quatrième et dernier fils, Frederic Segard, a raconté que sa mère était une vraie rassembleuse, tant pour la famille que pour le public québécois. Ce serait très égoïste de notre part de juste garder la cérémonie pour nous-mêmes, parce que Béatrice Picard a touché et changé la vie de plein de gens, a-t-il dit.
Comédiens, metteurs en scène, producteurs et techniciens qui l’ont côtoyée quelque part dans ses 75 ans de carrière, dans l’une des 350 productions artistiques auxquelles elle a participé, sont venus lui rendre hommage dimanche.
C'est le cas de Thierry Dubé, qui fait la voix d’Homer Simpson depuis huit ans. Comme lui, bon nombre de ses collègues du milieu ont développé une intimité d’une beauté et d’une richesse avec une des plus grandes comédiennes que le Québec ait connue, a-t-il expliqué.
Quand on parle de rigueur, de passion, de professionnalisme, Béatrice Picard réunissait toutes ces qualités, a pour sa part souligné le comédien et directeur de théâtre Jean-Bernard Hébert, ajoutant : C’était une passionnée de son métier.
Elle était inspirante de la pointe des orteils à la pointe des cheveux.
Quelques membres « courageux » du public sont aussi passés, a indiqué le troisième fils de Mme Picard, Sylvain Segard.
Elle ne voyait rien d’autre de plus important que de rejoindre les gens à un niveau émotif et, dès que ça vibrait, elle en redonnait au centuple, s’est-il rappelé.

Le troisième fils de Béatrice Picard, Sylvain Segard
Photo : Radio-Canada
Comédienne énergique, au physique et à la voix très caractéristiques, elle était, pour les plus âgés, Madame Bellemare ou Angélina, et pour les plus jeunes, celle qui se trouvait derrière la voix rocailleuse de Marge Simpson.
Actrice extrêmement polyvalente, ouverte à toutes les formes et à tous les genres, passant de la comédie burlesque au théâtre réaliste, Béatrice Picard a occupé le paysage culturel québécois pendant plus de 75 ans.
Encore en 2023, elle était de la distribution du long métrage de fiction Frontières, de Guy Édoin, dans lequel elle fait une courte apparition.
En 2016, l'octogénaire a joué dans un court métrage, réalisé par la comédienne Marianne Farley, avec Sandrine Bisson. Marguerite a raflé plusieurs prix un peu partout dans les festivals du monde et a valu à l'actrice octogénaire le prix de la meilleure interprétation féminine au gala Prends ça court!, des Rendez-Vous Québec Cinéma, en 2018.
75 ans de carrière
Née à Montréal le 3 juillet 1929, Béatrice Picard a amorcé sa carrière artistique en 1947 à la radio. D'abord présente dans les radioromans, elle a rapidement obtenu des rôles à la télévision lors de l'avènement du petit écran au Québec en 1952. Elle a acquis une grande notoriété en jouant Angélina, amoureuse du Survenant, dans le téléroman tiré de l’œuvre de Germaine Guèvremont. Elle a d'ailleurs été nommée, en 1958, Miss radio télévision, l'équivalent à l'époque du concours Métrostar.
Plusieurs se souviennent aussi de Madame Bellemare, mère du croque-mort Oscar Bellemare (Jean-Louis Millette), dans Symphorien. Le petit écran lui a toujours réservé une place de choix dans la décennie 1970, que ce soit dans Le paradis terrestre, Les Berger, Les forges de Saint-Maurice, Grand-papa ou Les Brillant.

Béatrice Picard a interprété Cordélia Lamontagne dans le téléroman «Grand-papa» en 1976.
Photo : Radio-Canada / André Le Coz
Béatrice Picard est apparue plus tard dans un épisode de L'amour avec un grand A qui lui a valu une nomination aux prix Gémeaux, dans Sous un ciel variable, dans Virginie, dans Un gars, une fille (la belle-mère) ou, plus récemment, dans Les jeunes loups.
Au théâtre, elle a été entre autres de plusieurs productions de Bonjour, là, bonjour, de Michel Tremblay. Du même auteur, elle a fait partie des Belles-sœurs montées par Denise Filiatrault en 1993, ainsi que de L’état des lieux, mise en scène par André Brassard.
Béatrice Picard a également tourné au cinéma, notamment dans L’initiation (1970), Taureau (1973), Il était une fois dans l’est (1974) – tiré de l’univers de Tremblay –, Le sourd dans la ville (1987), Le nèg’ (2002), Idole instantanée (2005) et Dans les villes (2006). En 2007, elle a obtenu son tout premier rôle principal au grand écran, celui d’une vieille dame extravagante, Ma tante Aline, menacée d’être placée dans un foyer.
Aussi très active dans l'art du doublage, elle a prêté sa voix de 1990 à 2023 à Marge Simpson dans l’adaptation québécoise du populaire dessin animé américain. C'est aussi elle qui avait été Marge dans le film tiré des Simpson, sorti à l’été 2007. Auparavant, elle avait prêté sa voix à la mère de Délima dans la version québécoise des Pierrafeu.
Nommée officière de l’Ordre national du Québec en 2012 et membre de l’Ordre du Canada en 1988, Béatrice Picard s’était aussi impliquée dans des organismes culturels et à vocation sociale, comme Les Petits Frères.
Avec les informations de Catherine Dib et de La Presse canadienne

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8 months ago
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