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Le ministre de la Culture du Québec, Mathieu Lacombe, est clair : la plus grande menace envers la culture francophone, ce n’est pas l’immigration mais bien les géants du web.
La menace à notre culture, ce n’est pas du tout les nouveaux arrivants. Ce n’est pas du tout, non plus, les politiques migratoires. Ce qui est une menace à notre culture, ce sont les GAFAM [Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft], a-t-il soutenu samedi après-midi à l'émission Tout peut arriver, diffusée sur ICI PREMIÈRE et sur ICI RDI.
Et c’est la numérisation. C’est le fait que c’est géré [les plateformes numériques] par des algorithmes, qui n’ont pas particulièrement comme priorité de sauver nos cultures nationales, a poursuivi le ministre caquiste.
Ça, c’est la vraie vraie menace à notre culture, a ajouté M. Lacombe, qui fait une distinction entre langue et culture.
Si l’immigration ne constitue pas une menace envers la culture francophone au Québec, elle contribue, selon lui, au recul du français, notamment à Montréal et à Laval. Et ce n’est pas la faute des immigrants : ça, c’est important. C’est la faute des politiques d’immigration qui ont été mises en place au Canada, a-t-il affirmé.
L’importance de la découvrabilité
Comme ministre de la Culture, Mathieu Lacombe a souvent rappelé l’importance de la découvrabilité des produits francophones sur les plateformes numériques.
En décembre dernier, il a fait adopter à l’Assemblée nationale une loi qui obligera les plateformes comme Netflix, Spotify, Apple et Disney+ à présenter un certain nombre de contenus francophones et à les rendre visibles pour leurs abonnés.
En entrevue, le ministre n’a toutefois pas voulu s’avancer sur les seuils minimaux de contenus francophones – films, séries, balados, musique, livres, etc. – que Québec va exiger de la part des plateformes.
C’est complexe d’être capable de cibler le bon point d’équilibre, où on a un gain, [où] on a plus de contenus francophones originaux qui sont proposés dans les catalogues mais [où] on a quelque chose qui tient la route, qui est applicable pour les plateformes, a-t-il expliqué.
Il a toutefois insisté : lorsque des quotas auront été déterminés, les plateformes n’auront pas le choix de les respecter. C’est la loi. La loi a été adoptée et les règlements seront édictés au cours des prochains mois et des prochaines années, a-t-il assuré à l’animatrice Marie-Louise Arsenault.

Québec a adopté une loi qui forcera les géants du numérique à présenter un certain nombre de contenus sur leurs plateformes. (Photo d'archives)
Photo : AFP/Getty Images / DAMIEN MEYER
Victoire à l'UNESCO
Mathieu Lacombe est également revenu samedi sur la victoire qu’il a remportée en février dernier à l’UNESCO, qui a recommandé l’adoption d’un protocole mondial souhaité par Québec et destiné à protéger la souveraineté culturelle des États face aux géants du numérique.
Ce que propose le ministre Lacombe, c’est que la Convention de 2005 de l’UNESCO, qui protège les cultures nationales contre la mondialisation, soit désormais appliquée au monde numérique.
L’idée consiste à permettre aux États d’adopter des lois, comme celle de l'Assemblée nationale, qui obligent les géants du numérique à promouvoir les cultures locales.
Cependant, le ministre l'a reconnu : Dans les prochaines années, dans la prochaine décennie, on n'aura pas le choix d'aller vers les plateformes américaines, où se trouvent aussi les auditeurs et les internautes québécois.
Si on veut les rejoindre, notamment les jeunes, on n'aura pas tellement le choix, a ajouté le ministre.
Ce dernier a par ailleurs salué la décision de Radio-Canada de suspendre la diffusion d'ICI RDI sur Prime Video, la plateforme du géant Amazon, le temps de rendre le signal aussi disponible sur ICI.TOU.TV.

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Le ministre de la Culture du Québec, Mathieu Lacombe, lors de son passage à l'émission « Tout peut arriver », le 14 mars 2026.
Photo : Radio-Canada / Kim Bouchard

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