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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’annonce de la suspension de l’émission américaine Jimmy Kimmel Live par le réseau de télé ABC a suscité plusieurs vifs commentaires au sein du milieu de la télévision et de l’humour au Québec, dont plusieurs représentants se portent à la défense de la liberté d’expression.
Vous étiez LE symbole mondial de la liberté d’expression. Maintenant, vous êtes devenus une pâle copie de la grande nation que vous étiez, a écrit l’humoriste Mike Ward. Shame on you America!
Le gouvernement ne devrait pas avoir de contrôle sur ce que les artistes ont le droit de dire. Surtout pas en humour. Surtout pas aux États-Unis, a-t-il ajouté.
Sur Facebook, l’humoriste Pascal Cameron a pris la défense de Jimmy Kimmel. C'est dans des moments comme celui-là que la job d'humoriste prend tout son sens, a-t-il affirmé.
La liberté d’expression attaquée
Ce jeudi matin, ce sont les animateurs Guy A. Lepage (Tout le monde en parle) et Jean-René Dufort (Infoman) qui ont critiqué le retrait de l’émission de Jimmy Kimmel.
Il y a un climat de terreur qui s’installe aux États-Unis, a réagi Guy A. Lepage. C’est de la censure au plus haut niveau, c’est la censure d’État.
Ça veut dire que toutes les personnes qui vont parler maintenant à la télévision vont se dire : "est-ce que ma dernière phrase va me mener au bûcher?", a-t-il poursuivi. Je trouve ça très inquiétant, ce pays m’effraie.
Vous avez un président d’un pays [se disant être] le monde libre qui call les shots : "le prochain, c’est Fallon; le prochain, c’est Seth Meyers…" C’est une attaque à la liberté d’expression qui ne peut pas être plus frontale que ça, a, pour sa part, déclaré Jean-René Dufort.
On aurait fait un scénario de film, il y a huit mois, avec ces histoires-là, et on se serait fait traiter de scénario grotesque et surréaliste, a-t-il ajouté.
Une nouvelle ère de censure aux États-Unis
Lorsqu’il a appris la nouvelle mercredi, Simon-Olivier Fecteau, qui s’est prêté à l’humour politique en étant à la tête du Bye Bye pendant neuf ans, a pensé que Jimmy Kimmel avait tenu des propos vraiment blessants concernant l’assassinat de l’influenceur conservateur Charlie Kirk.
Pourtant, l’animateur américain s'est limité à commenter la récupération politique de l’événement par le mouvement MAGA, qui soutient le président Trump, et sa volonté de présenter ce jeune qui a assassiné Charlie Kirk comme étant tout sauf l’un des leurs.
Il a également critiqué Donald Trump, qui, la semaine dernière, a préféré parler des travaux en cours à la Maison-Blanche plutôt que de Charlie Kirk quand un journaliste lui a demandé comment il allait à la suite de l’assassinat de l’influenceur conservateur.
Par rapport à tous les autres scandales concernant Charlie Kirk, c’est extrêmement mineur, estime Simon-Olivier Fecteau.
On vient d’entrer dans une nouvelle ère de censure aux États-Unis, poursuit-il. Si Trump utilise des moments qui ne sont pas si scandaleux pour menacer les médias, il y a vraiment un changement de cap aux États-Unis sur la liberté d’expression.

Le réalisateur Simon-Olivier Fecteau
Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa
Le péril de l’autocensure
Au-delà de la possibilité de voir d’autres voix être privées de micro, ce retrait des ondes de Jimmy Kimmel Live, qui s’ajoute au non-renouvellement d’une autre émission de fin de soirée souvent critique à l’égard de Trump, The Late Show with Stephen Colbert, va mener des animateurs ou des humoristes à s’autocensurer, selon Jean-René Dufort.
À chaque fois que tu vas critiquer le président, tu vas te dire : "j’attire sur moi les foudres". Il va y avoir une certaine censure. Aussi courageux que tu es, ça ne peut pas être autre chose que ça.
L'animateur d’Infoman s’inquiète aussi pour les segments d’émission qu’il doit tourner d’ici Noël aux États-Unis. Du monde a été refoulé par ce que [les agents d’immigration] ont trouvé sur les réseaux sociaux une opinion défavorable. Ça va peut-être m’arriver, dit-il.
En huit mois, on est passé de "je m’en vais aux États-Unis, bien relax" à "je m’en vais aux États-Unis, mais peut-être qu’à cause d’une de mes idées, je serai refoulé ou même détenu", a-t-il ajouté. C’est une peur qui est absolument hallucinante.

L'animateur d'« Infoman » Jean-René Dufort
Photo : Radio-Canada / Jean-Baptiste Demouy
Défendre la liberté d’expression
Cette tendance à cibler des émissions qui n’hésitent pas à critiquer le pouvoir politique en place est-elle inquiétante pour le Québec?
Guy A. Lepage ne sent pas que sa liberté d’expression, en tant qu’animateur, est menacée pour le moment. Pour moi, à date, cela n’a rien changé, a-t-il assuré. Si on me disait : "on veut lire tes textes avant [l’émission]" – ce qui n’arrive jamais, "on veut savoir ce que tu vas dire", je pense que je péterais les plombs.
De son côté, Simon-Olivier Fecteau juge que la situation actuelle au Québec, et dans le reste du Canada, est différente de celle de nos voisins du Sud.
Je ne suis pas inquiet à court terme, explique-t-il. Mais si ce type d'administration peut arriver aux États-Unis et peut changer l'essence des États-Unis, on n'est pas à l'abri à long terme ici non plus.
Peu importe qui est au pouvoir, il faut s’assurer que notre liberté d’expression soit toujours bien en santé.
Jean-René Dufort est également conscient du risque de dérive de ce côté-ci de la frontière, notamment en raison de la polarisation idéologique de plus en plus forte de la société qui rend la discussion difficile.
Les idées deviennent des religions, déplore-t-il. Il faut être capable d’entendre des idées qui ne sont pas les nôtres et de percevoir des critiques comme constructives.
Combattre la censure et avoir une liberté d’expression saine est un combat qui doit être mené par tous les camps, dit-il.

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9 months ago
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