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Moins de places en Musique-Études pour les élèves de l’École Jean-XXIII

2 weeks ago 30

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« Tout le monde se suivait avec le son, on s’écoutait », se remémore Sébastien Taillon, élève de quatrième année à l’École Jean-XXIII de Saint-Wenceslas. Il raconte sa plus récente compétition de musique avec des étoiles dans les yeux. Avec sa classe, il a remporté une médaille d’or.

Il fait partie du programme Musique-Études de son école depuis deux ans, mais, à sa grande déception, sa place l’année prochaine est compromise. J’ai des amis dans le programme qui sont en train de bien s’amuser et qui ont hâte à l’année prochaine, confie-t-il.

En raison de la révision à la baisse de l’indice de défavorisation de l’école, le nombre maximal d’élèves dans une classe du programme sera réduit, passant de 24 à 18 enfants dès l’année prochaine.

Des parents, comme ceux de Sébastien, s’inquiètent de voir leur enfant retiré du programme. La musique, c’est très présent. Sébastien a choisi de s’inscrire en musique avec passion. Ça fait déjà deux ans qu’il le vit. Il a créé son harmonie, sa gang, mentionne sa mère, Liliane St-Hilaire.

Le groupe de 5e et 6e année du programme Musique-Études devait compter 22 élèves en 2026-2027. Quatre d’entre eux seront donc transférés pour respecter la nouvelle capacité d’accueil. Après deux ou trois ans dans le programme, ils devront retourner à leur école de bassin.

Dans une lettre destinée aux parents de l’école, dont Radio-Canada a obtenu la copie, le Centre de services scolaire (CSS) de la Riveraine explique qu’il a d’abord procédé en demandant si des parents acceptaient volontairement que leur enfant quitte le programme. Aucun ne s’est manifesté.

L’étape suivante pour le CSS consiste à ne pas renouveler les élèves qui proviennent de l’extérieur de son territoire, puis, par tirage au sort, ceux qui ne proviennent pas du bassin de l’École Jean-XXIII, donc de Saint-Wenceslas. Un processus que déplore la mère de Sébastien, qui réside à Aston-Jonction, à une dizaine de kilomètres de l’École Jean-XXIII.

Puisque c’est un programme qui est offert pour tout le Centre de services scolaire, on ne voit pas pourquoi un élève qui n’est pas de Saint-Wenceslas, donc pas du bassin de l’école, mais qui fait partie du bassin du Centre de services scolaire, ne serait pas équitablement dans la même sélection que les autres, souligne-t-elle.

Marie-Pier Descôteaux, une mère dont l’enfant voulait aller à l’École Jean-XXIII l'an prochain, a inscrit son garçon, qui se dirige vers la troisième année, au programme Musique-Études. Elle a essuyé un refus.

J’ai trouvé ça très difficile de recevoir cette lettre-là, mon garçon aussi. Malheureusement, il n’a pas été pigé pour faire le programme l’année prochaine. Je trouve ça très déplorable, parce que je ne savais pas tous les critères qu’il fallait. C’est sûr qu’il avait très hâte de commencer son expérience de la musique, raconte-t-elle.

Elle-même trompettiste professionnelle et ancienne de l’École Jean-XXIII, elle considère que ce programme est un véritable diamant. C’est toute la pérennité du programme qu’on voit maintenant ébranlé, c’est la relève musicale qui va diminuer selon les ratios pour les prochaines années, avance Marie-Pier Descôteaux.

Il y a des talents qui n’auront pas la chance d’être découverts, ajoute-t-elle.

Quelles solutions?

Les parents proposent d’exempter le programme des changements entraînés par la révision de l'indice de milieu socioéconomique (IMSE), puisqu’ils considèrent que le milieu qui devrait être pris en compte par l’indice est celui de l'ensemble du CSS et non celui de Saint-Wenceslas.

Cependant, 11 écoles primaires du territoire du CSS sont considérées dans un milieu défavorisé. Vous comprenez que ça représente 40 % de mes écoles primaires. Si on se dit que ça dessert le territoire, fort probablement que les élèves qui viennent de l’extérieur du secteur de Jean-XXIII sont aussi issus de milieux défavorisés, indique la directrice générale par intérim, Isabelle Caya.

Le Centre de services scolaire de la Riveraine a tenu deux rencontres avec les parents concernés, une première le 7 mai dernier et une autre jeudi soir. Ils déplorent que rien ne progresse.

L'entrée et la façade école primaire Jean 23 de Saint-Wenceslas.

L'école Jean-XXlll est soumise à la révision de l'indice de milieu socioéconomique.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Claveau

Par contre, la directrice générale par intérim du CSS assure que des démarches sont entamées auprès du Syndicat des enseignantes et enseignants de la Riveraine afin de permettre un groupe de 20 élèves, plutôt que 18.

On ne peut pas donner toutes les réponses, mais nos intentions sont nobles dans ce dossier-là, de pouvoir faire en sorte que ça continue de pouvoir rayonner, que ça continue de pouvoir exister, mais il faut nous laisser le temps de faire ces démarches-là, affirme Isabelle Caya.

Un tel dépassement de la limite d’élèves entraînerait des coûts supplémentaires, mais le CSS est prêt à les assumer.

Pour sa part, le Syndicat des enseignantes et enseignants de la Riveraine propose plutôt la création d’un groupe supplémentaire pour à la fois respecter la limite et éviter de retirer des élèves du programme.

Il faut toujours respecter la convention collective. Si on parle que cette école-là est dans un milieu défavorisé, il y a des raisons pour ça. Ça veut dire qu’il y a des enfants qui ont des besoins particuliers, mentionne le président du Syndicat, Jean-François Duval.

Le syndicat entend consulter les enseignants de l’équipe-école sur le sujet.

Ailleurs dans nos régions

Dans les autres écoles de la Mauricie et du Centre-du-Québec, plusieurs écoles ont vu leur cote diminuer. Ceux qui ont une cote de 7 et plus obtiendront un financement supplémentaire.

D’autres écoles ont vu leur indice augmenter, ce qui coupera leur accès à un financement. C’est le cas à Sainte-Perpétue, où la cote de l’École La Jeunesse est passée de 10 à 1, les amputant de 14 000 $.

La directrice générale par intérim du CSS de la Riveraine, Isabelle Caya, prévoit que ces changements n’auront pas d’incidence majeure, entre autres, sur la composition des groupes. Elle indique que des mesures d’atténuation ont été prises, notamment en optimisant le budget.

Méthodologie

Radio-Canada a analysé les indices de défavorisation des écoles québécoises de 2015 à 2026. Ces données, qui ont été compilées puis analysées à l’aide d’un script Python, étaient réparties dans neuf documents PDF (nouvelle fenêtre) d’environ 80 pages chacun.

On compte 2359 écoles avec un IMSE en 2025-2026, et 2333 en 2024-2025. La différence de 26 écoles est liée aux ouvertures et aux fermetures au cours de cette période.

Selon les données diffusées ouvertement par le MEQ (nouvelle fenêtre) pour l’année 2024-2025, 125 écoles ne franchissaient pas le barème minimal de 30 élèves pour partager l’indice de défavorisation avec le grand public. Celles de 2025-2026 n’ont pas encore été publiées dans ce format.

Avec les informations de Laurianne Croteau

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