
L'équipe de la nouvelle série Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
L'histoire suit Nathalie Lavoie (Céline Bonnier), la directrice et cofondatrice du Centre Lavoie, ainsi que son fils Gabriel (Antoine Olivier Pilon), un jeune intervenant qui, à l’aide d'une équipe dévouée, tente de redonner une deuxième chance à des personnes que la société oublie trop souvent.
Déconstruire les préjugés sur l'itinérance
S'inspirant de sa propre mère qui dirige depuis 37 ans un organisme communautaire à Saint-Eustache, Pascale Renaud-Hébert souhaitait depuis longtemps aborder le sujet de l’itinérance, qui n'est malheureusement pas exclusif aux grands centres urbains comme Montréal.

Pascale Renaud-Hébert sur le plateau de Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
Selon l'autrice, notre perception de l'itinérance n'est plus du tout à jour, car n'importe qui peut aujourd'hui se retrouver à dépendre de ces centres pour survivre. La précarité peut autant toucher des pères de famille que des femmes de carrière ou des aînés évincés de leur logement.

Sam-Éloi Girard et Pascale Renaud-Hébert sur le plateau de Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
Mickaël Gouin (À tout prix (Nouvelle fenêtre), Les armes), qui interprète Martin, un homme qui vit dans sa voiture pour tenter de garder le lien avec ses deux fils, explique l'importance de ce rôle. « Il y a beaucoup de gens qui sont à une badluck de perdre leur maison ou leur appartement. »

Mickaël Gouin et Valérie Tellos sur le plateau de Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
Le parcours de jeunes à la dérive
La série aborde aussi la réalité des jeunes qui passent à travers les mailles du système. Sam-Éloi Girard (Lakay Nou, Emprises (Nouvelle fenêtre)) y incarne Keven, un jeune homme intense qui a grandi dans les centres de la DPJ et qui a fini par embrasser la rue à 18 ans. Derrière sa très grande énergie, son TDAH et un passé de consommation, Keven cache une grande intelligence et une profonde sensibilité.

Sam-Éloi Girard sur le plateau de Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
Le Centre Lavoie devient pour lui un point d'ancrage rare pour un jeune qui a toujours été en mouvement. Pour le comédien, ce projet résonnait intimement.
« L'itinérance, c'est quelque chose qui m'a toujours fasciné. Je me rappelle les premières fois que j’ai pris le métro, à mon arrivée à Montréal, de m'asseoir avec certains d'entre eux pour voir un peu qui était l'humain derrière tout ça. »

Sam-Éloi Girard, Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
De la réalité à l'écran
Jouer dans un milieu aussi chargé émotivement exige une préparation particulière. Ines Talbi (Dumas, La candidate (Nouvelle fenêtre), Plan B (Nouvelle fenêtre)) et Valérie Tellos (Avant le crash (Nouvelle fenêtre), Antigang, La candidate (Nouvelle fenêtre)), qui incarnent toutes deux des intervenantes du centre, soulignent d'ailleurs le contraste frappant entre leur propre fragilité d'actrices sur le plateau et la résilience de ceux et celles qui travaillent sur le terrain.
« Entre les takes, on est émotif. Mais au final, on se rattache à la vraie réalité puis aux vrais humains qui font ça dans la vie, et on se dit : "Eux, c'est a walk in the park un petit mardi matin!" »

Les décors de la série Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
Céline Bonnier (Unité 9 (Nouvelle fenêtre), Toute la vie (Nouvelle fenêtre)) abonde dans le même sens, mentionnant que le piège serait de tomber dans la bienveillance exagérée, alors que les intervenants et intervenantes doivent trouver la bonne distance pour ne pas s'épuiser.
« Mais tu n'as pas le choix d'être touché, tu n'es pas un robot non plus. »

Céline Bonnier dans la nouvelle série Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
Nouvellement maman, Valérie Tellos a même confié qu'elle n'aurait pas pu accepter de jouer le rôle d'une usagère, estimant que cela lui aurait demandé une charge émotive beaucoup trop grande.

Ines Talbi et Valérie Tellos, Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
Le processus de création de Pascale Renaud-Hébert
Autrice et productrice associée de la série Sur le fil, Pascale Renaud-Hébert est reconnue pour sa plume sensible qui met souvent de l'avant la réalité de personnes marginalisées. On lui doit notamment la coécriture de la série M'entends-tu? avec Florence Longpré. Elle a également écrit la série Veille sur moi (Nouvelle fenêtre), qui abordait la pauvreté, la violence et la toxicomanie.

Pascale Renaud-Hébert sur le plateau de Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
C'est cependant la première fois que Pascale Renaud-Hébert écrit une série avec autant de personnages et d'intrigues entièrement seule. Elle explique partir souvent d'une petite anecdote ou d'une situation dont elle a entendu parler.
« Je pars d'histoires que j'entends, mais c'est tout. Je développe, j'invente le reste. Ce sont des gens qui vivent des situations vraiment tragiques donc tu essaies de t'en détacher parce que tu ne veux pas usurper leur histoire de vie. »

Ines Talbi sur le plateau de Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
Lors des auditions, elle s’inspire aussi de la « dégaine » des comédiens et des comédiennes pour trouver de nouvelles nuances qui l’aideront à développer ses nombreux personnages.

Sam-Éloi Girard, Joanie Martel et Mickaël Gouin sur le plateau de Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
Pour s'assurer de la richesse et de la cohérence de ses textes, Pascale Renaud-Hébert a aussi énormément consulté le milieu, incluant l'équipe de sa mère et l'intervenante Annie Archambault. Un travail que plusieurs membres de la distribution ont également fait pour valider la justesse de leur interprétation.

Marjorie Hamel (script) sur le plateau de Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
Le processus de création de Pascale Renaud-Hébert offre aussi une réflexion intéressante sur l'adaptation d'une réalité brutale pour le petit écran afin que la série fonctionne dramatiquement.

Pascale Renaud-Hébert sur le plateau de Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
L'autrice avoue notamment avoir dû transformer la personnalité de la directrice, que lui a inspirée sa mère. Ma mère est une personne extrêmement cool et relaxe, ce qui ne se prête pas forcément à un drame.
Le personnage de Nathalie a plutôt été doté d'un passé beaucoup plus complexe et est davantage névrosé et angoissé par la perte de contrôle, question de créer des tensions et de faire avancer les intrigues, dont l’une pourrait bien tourner autour de sa relation avec son fils, joué par Antoine Olivier Pilon (Mommy (Nouvelle fenêtre), Stat).

Antoine Olivier Pilon au cœur de la nouvelle série Sur le filPhoto : Radio-Canada / Julie Mainville
Qui joue dans Sur le fil?

Joanie Martel sur le plateau de Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Julie Mainville
La distribution de Sur le fil comprend Céline Bonnier, Antoine Olivier Pilon et Mickaël Gouin, Ines Talbi, Valérie Tellos, Sam-Éloi Girard, Joanie Martel (Bienvenue à Kingston-Falls (Nouvelle fenêtre), Temps de chien (Nouvelle fenêtre)), Anne-Marie Cadieux (Cœur vintage (Nouvelle fenêtre), Indéfendables), Patrick Drolet (Lakay Nou, Premier trio (Nouvelle fenêtre), C'est comme ça que je t'aime (Nouvelle fenêtre)), Ariel Charest, Emmanuel Schwartz, Monique Gosselin, Hamidou Savadogo, Ariel Ifergan, Annick Bergeron et George Nti.

Céline Bonnier, Antoine Olivier Pilon, Joanie Martel, Ines Talbi, Ariel Charest, Mickaël Gouin, Valérie Tellos, Sam-Éloi Girard, Anne-Marie Cadieux, Patrick Drolet, Ariel Ifergan, Hamidou Savadogo, Annick Bergeron et George Nti, de la nouvelle série Sur le fil.Photo : Radio-Canada / Karine Dufour/La production est encore jeune

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